Mort de Jean-Lucien Argelier en Guadeloupe : Le gendarme auteur des tirs mis en examen
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À Moule, en Guadeloupe, un homme de 65 ans a été abattu par un gendarme le 12 avril 2026. L’auteur des tirs a été placé en examen pour « violences mortelles par personne dépositaire de l'autorité publique » et soumis à un contrôle judiciaire dans des délais inhabituellement rapides - marquant une réponse judiciaire inédite pour la Guadeloupe.
Capture d’écran de la vidéo filmant les instants après les tirs sur Jean-Lucien Argelier, la victime agonisant au sol. Source : Kolektif Gwadloup kont violans a jandam.
Le 12 avril 2026, en début de soirée dans le quartier de Bonan au Moule en Guadeloupe, trois gendarmes interviennent après l'appel d'un riverain signalant des nuisances sur la voie publique. À leur arrivée, ils trouvent sur place Jean-Lucien Argelier dit Libert, 65 ans, tenant un couteau en main. Selon la procureure de Pointe-à-Pitre, Caroline Calbo, les gendarmes auraient d'abord eu recours à un taser avant que l'un d'entre eux ouvre le feu à trois reprises en direction de Jean-Lucien Argelier qui décédera sur place.
Contacté par notre rédaction, le collectif Gwadloup Kont Vyolans a Jandam dresse le portrait d'un homme marginalisé : Jean-Lucien Argelier passait une grande partie de son temps dans la rue, souffrait d'instabilité psychologique et d'un handicap moteur.
Les circonstances de l'intervention sont contestées par le collectif d’avocats Avoka Defans a la Defans qui remettent en question les conditions de la légitime défense. Le collectif dénonce aussi dans son communiqué du 14 avril un manquement dans l'assistance apportée à Jean-Lucien Argelier après les tirs. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et capturant la scène quelques instants après les tirs montre des gendarmes fouillant la victime inconsciente à terre, tandis que d’autres écartent des témoins tentant de l'approcher.
Le gendarme auteur des tirs a été placé en garde à vue le soir des faits, et celle-ci a été prolongée par le parquet. Le mardi 14 avril, il est déféré au tribunal, mis en examen pour « violences mortelles par personne dépositaire de l'autorité publique » et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de port d'arme. L'enquête est confiée à la Section de recherches, chargée de déterminer si les conditions de la légitime défense étaient réunies.
Le Kolektif Gwadloup Kont Vyolans a Jandam souligne que c'est la première fois qu'un gendarme auteur d'un tir mortel est mis en examen aussi rapidement en Guadeloupe et exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès de Jean-Lucien Argelier.