Date des faits
Lieu des faits
Nanterre (France)
Victime(s)
Nahel Merzouk (homme, 17 ans)
Conséquence(s)
Décès
Corps impliqué
Police nationale
Moyens employés
Arme à feu
Partenaire(s)
Blast
Nadav Joffe, Guillaume Seyller, Basile Trouillet, Francesco Sebregondi, Lauren Sanchez Calero Nadav Joffe Modélisation 3D Guillaume Seyller Modélisation 3D Basile Trouillet Montage, Motion design Francesco Sebregondi Coordination, Direction, Script Lauren Sanchez Calero Photogrammétrie

Le 27 juin 2023, à 8 h 18, Nahel Merzouk, 17 ans, est tué d’un tir de policier à Nanterre, passage Arago. Filmée par un témoin, sa mort déclenche une vague de révoltes à travers la France.

Un an après les faits, Index publie une reconstitution 3D détaillée de l’homicide. L’enquête croise les vidéos de trois témoins, les pièces du dossier judiciaire et, pour la première fois, l’enregistrement de la caméra de vidéosurveillance urbaine faisant face au passage Arago. En y ajoutant le rapport d’autopsie et les photographies du véhicule, Index reconstitue la trajectoire de la voiture, la position de Nahel Merzouk au volant et le geste du policier à l’instant du tir.

Les vingt-deux secondes avant le tir

La reconstitution établit que, dans les vingt-deux secondes précédant le coup de feu mortel, le policier Florian M., auteur du tir, porte quatre coups avec son arme sur le pare-brise du véhicule conduit par Nahel Merzouk. Le second policier, Julien L., frappe l’intérieur de l’habitacle et brandit son arme à hauteur de la tête de l’adolescent. Une seconde avant le tir, l’un des deux policiers prononce vraisemblablement une menace de mort.

Au moment où il est atteint, Nahel Merzouk a la main gauche levée devant le visage, vraisemblablement en protection : la balle traverse son poignet avant de l’atteindre au thorax.

Une légitime défense contredite par les images

Lors du redémarrage du véhicule, sa trajectoire s’écarte du trottoir et du muret situés à l’arrière du policier. Les images de vidéosurveillance, complétées par la reconstitution 3D, contredisent les déclarations de Florian M. en audition :

« J’ai ouvert le feu car je me suis senti partir en arrière, poussé par le véhicule, vers le mur qui se trouvait assez près derrière moi. »

Au moment du tir, une seconde après le redémarrage, les deux voies du passage Arago sont encore obstruées par des véhicules à l’arrêt : la voiture de Nahel Merzouk n’a aucune possibilité d’échappatoire immédiate. Le policier justifie pourtant son geste en invoquant la légitime défense au sens de l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure.