Date des faits
Lieu des faits
Paris (France)
Victime(s)
Jérôme Rodrigues (homme, 39 ans)
Conséquence(s)
Éborgnement
Corps impliqué
Police nationale, CSI / CDI
Moyens employés
Grenade explosive
Francesco Sebregondi, Filippo Ortona, Basile Trouillet, Nadav Joffe, Laïss El Khaledi, Thibault Casteigts, Lorène Albin Francesco Sebregondi Investigation, Coordination, Direction Filippo Ortona Investigation Basile Trouillet Investigation, Montage, Motion design, Voix off Nadav Joffe Modélisation 3D Laïss El Khaledi Modélisation 3D Thibault Casteigts Modélisation 3D Lorène Albin Modélisation 3D

Il y a une semaine, INDEX publiait une enquête-vidéo sur les circonstances de la mutilation de Jérôme Rodrigues. Dans cette enquête, nous démontrions qu’au moment où l'agent Brice C. lance une grenade de désencerclement au milieu du groupe où se situe Jérôme Rodrigues, les policiers de son unité ne se trouvent pas sous « une pluie de projectiles », contrairement à ce que l’agent a affirmé en audition. Les images issues des caméras-piétons des policiers établissent clairement que le groupe de manifestants ciblé par la grenade n’avait rien d’un groupement hostile et ne présentait aucun danger.

Néanmoins, depuis quatre ans, le policier auteur du lancer de grenade maintient ses déclarations et justifie son geste en invoquant la « légitime défense ». Auditionnés dans le cadre de l’instruction de l'affaire, au moins onze autres policiers ont témoigné en faveur de leur collègue Brice C. et appuyé sa version des faits : des projectiles auraient bien atteint le groupe des policiers, au point de les contraindre à « riposter ».

Aujourd'hui encore, l’instruction judiciaire de l’affaire semble buter sur la question des projectiles dont le groupe de policiers aurait ou non été la cible au moment des faits. Afin d'appuyer son argumentaire, la défense du policier Brice C. a présenté au juge d'instruction des arrêts sur image issus de vidéos de l'incident où l'on peut distinguer des projectiles en l'air : d'après l'avocat de Brice C., l'exploitation de ces images serait « d'une importance capitale, en ce qu'elle vient confirmer, de manière définitive, la version de Brice [C.] déjà confortée par tous les policiers auditionnés ».

Étant donné le caractère déterminant de la question des projectiles pour l’issue judiciaire de l’affaire ayant causé la mutilation de Jérôme Rodrigues, INDEX a procédé à une analyse image-par-image de l’ensemble des vidéos disponibles. Notre objectif était d’identifier d’éventuels projectiles ayant atteint le groupe des policiers dans les instants qui précèdent le lancer d’une grenade à main de désencerclement. Pour une meilleure compréhension, nous présentons cette analyse au format vidéo.

Extrait de l'annexe « Analyse des projectiles » : les photogrammes sur lesquels on peut distinguer des projectiles sont situés sur une frise chronologique qui décompose les sept secondes qui précèdent, et les 3 secondes qui suivent, le lancer de la grenade GMD.

À l’issue de cette analyse, nous n’avons identifié aucun projectile qui aurait atteint le groupe des policiers lors des sept secondes qui précèdent le lancer de la grenade de désencerclement.
Les quelques photogrammes de la scène où l’on peut distinguer des projectiles en vol sont tous postérieurs à l’instant ou le lancer de grenade est effectué.
La thèse selon laquelle le geste du policier Brice C. constituait une riposte à des jets de projectiles est donc invalidée par l’analyse rigoureuse des images disponibles.