Le renvoi du policier devant la cour criminelle confirmé en appel
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Le policier accusé d’avoir éborgné le Gilet jaune Jérôme Rodrigues en 2019 sera bien jugé par une Cour criminelle, a confirmé ce lundi la Cour d’appel de Paris, qui a rejeté le recours du fonctionnaire.
La perspective d’un procès se confirme dans l’affaire de l’éborgnement de Jérôme Rodrigues. En rejetant le recours déposé par le policier mis en cause, la cour d’appel de Paris a validé son renvoi devant une juridiction criminelle.
Les magistrats ont estimé qu’il existait « des charges suffisantes » contre le policier Brice C., soupçonné d’avoir « volontairement commis des violences » avec « une grenade de désencerclement » sur Jérôme Rodrigues, provoquant « la perte définitive de l’usage de son œil droit ». La cour d’appel a ainsi confirmé l’ordonnance rendue le 24 janvier 2025 par les juges d’instruction en charge du dossier.
Brice C. sera donc jugé par une cour criminelle départementale, plus de sept ans après les faits. En janvier 2019, lors de l’Acte IX des Gilets jaunes, ce fonctionnaire d’une compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) se trouvait place de la Bastille, où des affrontements avaient éclaté. Au centre de la place, près de la colonne de Juillet, se tenait Jérôme Rodrigues, parmi un groupe de manifestants pacifiques. Ce dernier filmait en direct les événements lorsque plusieurs policiers – parmi lesquels Brice C. – ont chargé dans sa direction et lancé une grenade de désencerclement ainsi qu’un tir de LBD vers le groupe dans lequel il se trouvait.
Dans son enquête publiée en juin 2023, Index avait diffusé pour la première fois les images issues des caméras de surveillance et des caméras-piétons des agents. Celles-ci montrent que Jérôme Rodrigues a été touché à l’œil par l’un des palets en caoutchouc projetés par la grenade lancée par Brice C. La reconstitution 3D des lieux réalisée par Index avait également établi que le tir avait été effectué en cloche, et non au ras du sol comme l’impose le règlement.
Brice C. a plaidé la légitime défense, soutenant que le lancer de grenade était justifié par des « jets de projectiles » que les policiers auraient essuyés. Une affirmation qu’Index avait démentie dans un second volet de son enquête. Les juges d’instruction ont d’ailleurs conclu, dans leur ordonnance de renvoi, que « le groupe au sein duquel évoluait Jérôme Rodrigues n’était pas violent ».