Tir de LBD sur Adnane Nassih : les images qui accablent la police
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Le 22 février 2020 à Brunoy (Essonne), Adnane Nassih, 19 ans, était éborgné par un tir de LBD au visage. En partenariat avec Libération, nous publions une analyse et une reconstitution 3D des circonstances de l'incident à partir d'images de vidéosurveillance inédite. Notre enquête démontre que le jeune homme ne présentait aucun danger pour les policiers et contredit formellement les propos de Yann T., l'agent auteur du tir.
- Date des faits
- Lieu des faits
- Brunoy (France)
- Victime(s)
- Adnane Nassih (homme, 19 ans)
- Conséquence(s)
- Éborgnement
- Corps impliqué
- Police nationale, BAC
- Moyens employés
- Lanceur de Balle de Défense (LBD)
- Thème(s)
- Partenaire(s)
- Libération
Le 22 février 2020, à 23 h 17, Adnane Nassih, 19 ans, est grièvement blessé au visage par un tir de LBD, lors d’une opération de la BAC dans le quartier des Hautes-Mardelles, à Brunoy (Essonne). Opéré en urgence, il perd l’usage de son œil droit.
En partenariat avec Libération, Index a analysé les images — inédites — de la vidéosurveillance de la ville et reconstitué la scène en 3D. L’enquête établit qu’Adnane Nassih ne présentait aucun danger pour les policiers au moment du tir, et contredit formellement les déclarations de Yann T., l’agent qui a fait feu.
Ce que montre la vidéosurveillance
Les images permettent de suivre toute la séquence. Adnane Nassih s’avance d’un pas calme vers la place, les bras le long du corps, sans aucun projectile en main. Après quelques pas, il tourne la tête, aperçoit les policiers postés dans la pénombre et s’arrête. Yann T., le plus proche, se dirige vers lui, son LBD en position de tir.
Le jeune homme fait alors demi-tour et court dans la direction opposée. Après trois foulées, alors qu’il jette un regard derrière lui, le policier fait feu une fois dans sa direction. Le projectile est capté en vol par la vidéosurveillance, à quelques dizaines de centimètres du canon. Selon la mesure effectuée dans le modèle 3D, le tir a été porté à 7,29 mètres de distance, sur un homme de dos et en fuite.
Une version contredite par les images
Pour justifier son tir, Yann T. affirme qu’Adnane Nassih aurait fait un « mouvement brusque » au niveau de la poitrine et lui aurait lancé un objet. La vidéosurveillance et la reconstitution 3D établissent le contraire : les mains du jeune homme sont vides, il ne lève ni ne lance rien, et il est déjà en train de fuir, dos tourné, lorsque le coup part.
Confronté aux images par les enquêteurs, le policier reconnaît lui-même qu’« on ne voit rien sur la vidéo ». Il a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ».