Gabriel Pontonnier

Gabriel Pontonnier, mutilé par une grenade du maintien de l’ordre

Le 24 novembre 2018, lors de l’acte II des gilets jaunes à Paris, Gabriel Pontonnier a été grièvement blessé à la main par l’explosion d’une grenade GLI-F4. Près de sept ans après les faits, le procès du policier qui a lancé la grenade s’ouvrira le 11 septembre 2025. À la demande de la famille Pontonnier, Index publie un rapport de reconstitution numérique qui servira de support aux débats lors de l’audience.

Publié le 09.09.2025

Date de l’incident

24.11.2018

Lieu de l’incident

Paris, France

Conséquence(s)

Mutilation

Partenaire(s)

Le 24 novembre 2018, la famille Pontonnier se rendait à Paris depuis la Sarthe pour soutenir le mouvement des gilets jaunes. À la tombée de la nuit, ils se retrouvent sur le rond-point des Champs-Élysées, pris au piège par des heurts et un dispositif de maintien de l’ordre qui empêche toute sortie.

Vers 18h, Florent Pontonnier, 30 ans, filme avec son smartphone une ligne de CRS. Il est dans une allée latérale, au sein d’un petit groupe qui s’éloigne des forces de l’ordre. Son frère Gabriel, 21 ans, est à ses côtés. La vidéo extraite du téléphone capte une personne qui crie « Attention ! » à plusieurs reprises. S’ensuivent un flash et une détonation assourdissante : une grenade GLI-F4 vient d’exploser à proximité immédiate de la caméra. Gabriel est grièvement blessé à la main droite. Dans les secondes qui suivent, Florent tente de lui porter assistance. On l’entend crier : « il a plus de main ! »

Gabriel Pontonnier a eu trois doigts et une partie de sa main droite arrachés par l’explosion. Son frère et son cousin ont également été blessés aux jambes et au dos. L’enquête judiciaire, lancée après la plainte de la famille, a permis d’identifier le major des Compagnies Républicaines de Sécurité, Jackie D., comme l’auteur du jet de grenade.

Le policier renvoyé en justice

Six ans plus tard, en décembre 2024, Jackie D. est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à trois mois ». Le policier invoque la légitime défense et affirme avoir respecté les règles d’engagement de l’époque.

À la demande de la famille Pontonnier et de ses avocats, Index a produit une analyse des vidéos disponibles et une reconstitution numérique en 3D du jet de grenade effectué par le major Jackie D. Ce rapport vidéo de trois minutes, accompagné d’une annexe méthodologique, vise à éclairer les conditions précises du lancer de la grenade qui a mutilé Gabriel Pontonnier.

Ce rapport vidéo a été déposé au tribunal par les avocats de la famille Pontonnier pour être diffusé durant l’audience et servir de support aux débats.

Depuis les faits, le ministère de l’Intérieur a retiré les grenades GLI-F4 de l’usage policier en 2020. Elles ont été remplacées par la grenade GM2L, dont le fabricant, Alsetex, assure que le fonctionnement est « identique ». En 2019, le ministère de l’Intérieur lui-même décrivait déjà la GM2L comme une grenade d’une « puissance quasiment similaire » à celle de la GLI-F4. La France est le seul pays en Europe à utiliser des grenades explosives pour le maintien de l’ordre.

Équipe

EnquêteBasile Trouillet
Guillaume Seyller
Francesco Sebregondi
Modélisation 3DGuillaume Seyller
Montage / Motion designBasile Trouillet
Habillage graphiqueLéonie Montjarret


Voir aussi

Tous les quinze jours, recevez nos dernières publications dans votre boîte mail. Inscrivez-vous à la nouvelle Newsletter d'INDEX :

Soutenez-nous →