Éborgnement de Jérôme Rodrigues : procès confirmé

Éborgnement de Jérôme Rodrigues : le procès aura bien lieu

Le policier accusé d’avoir éborgné le Gilet jaune Jérôme Rodrigues en 2019 sera bien jugé par une Cour criminelle, a confirmé ce lundi la Cour d’appel de Paris, qui a rejeté le recours du fonctionnaire.

Publié le 02.02.2026

Les magistrats ont estimé qu’il existait « des charges suffisantes » contre le policier Brice C., soupçonné d’avoir « volontairement commis des violences » avec « une grenade de désencerclement » sur Jérôme Rodrigues, provoquant « la perte définitive de l’usage de son œil droit ». La Cour d’appel a ainsi confirmé l’ordonnance rendue le 24 janvier 2025 par les juges d’instruction en charge du dossier.

Brice C. sera donc jugé par une cour criminelle départementale, plus de sept ans après les faits. En janvier 2019, lors de l’Acte IX des Gilets jaunes, ce fonctionnaire d’une Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) se trouvait place de la Bastille, où des affrontements avaient éclaté. Au centre de la place, près de la Colonne de Juillet, se tenait Jérôme Rodrigues, parmi un groupe de manifestants pacifiques. Ce dernier filmait en direct les événements lorsque plusieurs policiers – parmi lesquels Brice C. – ont chargé dans sa direction et lancé une grenade de désencerclement ainsi qu’un tir de LBD vers le groupe dans lequel il se trouvait.

Dans notre enquête publiée en juin 2023, nous avions diffusé pour la première fois les images issues des caméras de surveillance et des caméras-piétons des agents. Celles-ci montrent que Jérôme Rodrigues a été touché à l’œil par l’un des palets en caoutchouc projetés par la grenade lancée par Brice C. Notre reconstitution 3D des lieux avait également établi que le tir avait été effectué en cloche, et non au ras du sol comme l’impose le règlement.

Brice C. a plaidé la légitime défense, soutenant que le lancer de grenade était justifié par des « jets de projectiles » que les policiers auraient essuyés. Une affirmation que nous avions démentie dans un second volet de notre investigation. Les juges d’instruction ont d’ailleurs conclu, dans leur ordonnance de renvoi, que « le groupe au sein duquel évoluait Jérôme Rodrigues n’était pas violent ».


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